Un Femme lève le voile sur l’Iran

 
Vigousse
(Milou, Vigousse, 22.10.2010)

Des shahs et des loups – Albertine Ahmadi publie Carnets d’Iran, des chroniques sur la dictature iranienne, de la monarchie à la République Islamique et ses puritains furieux. De l’humour comme l’or local: noir.

«Si vous êtes politiquement correct, ce livre n’est pas pour vous.» Lapidaire première phrase d’Albertine, citoyenne européenne qui a grandi dans une province iranienne et y retourne régulièrement. Sur près de 400 pages, elle raconte la vie en Iran aujourd’0hui et dans les années 1971, avant la révolution islamique. Un peu comme sa compatriote Marjane Satrapi dans Persepolis. On pige le fonctionnement du pays, les rouages et les roueries des institutions politiques, les lois de la charia imposées par les Akhonds.
Entre souvenirs et espoirs, Albertine dessine le portrait d’un peuple qui n’a connu que la répression, mais qui a dans le sang la fierté d’une civilisation millénaire. L’Iran, où l’on casse la gueule à ceux qui l’ouvrent, où les femmes maquillées sont des putes, mais ou la cérémonie du thé est des plus raffinées.
En tant que femme exilée sur une autre planète, Albertine Ahmadi se met dans la peau du Petit Prince qui veut qu’on lui dessine un mouton. Elle, elle veut qu’on lui dessine la démocratie et la liberté. Une liberté sans visage précise, aperçue au fil de chapitres qu’on peut lire dans le désordre, des poèmes, des SMS… pas besoin de voile pour cette femme qui n’a pas froid aux yeux.

StarsAvis d’internautes extraits d’Amazon et Priceminster:

Il est formidable de voir une telle honnêteté de la part d’une perspective iranienne – cinq étoiles
Chroniques d’Iran est écrit par une Iranienne qui a été éduquée tant en Iran qu’en Europe et qui a une connaissance exceptionnelle de la façon dont chaque culture perçoit l’autre. Le récit est très personnel mais ne devient jamais unilatéral, présentant une explication ouverte parfois brutale sur la façon dont les Iraniens sont trompés par les mécanismes du gouvernement ou de quelle manière ils sont opprimés par les lois islamiques ou de la Sharia. J’ai trouvé assez incroyable de voir ce qu’ils pensent de nous et du monde occidental, et comment l’histoire a créé l’Iran moderne que nous connaissons à présent. Il me semble que l’auteure désire vraiment que les Iraniens se soulèvent contre leurs gouvernements et deviennent plus tolérants, cependant elle garde un certain équilibre en étant également assez souvent négative envers l’Occident.

Le livre porte un regard sur les Iraniens que je n’avais jamais envisagé auparavant, et n’hésite pas à être provocateur dans sa remise en question des dirigeants iraniens. J’ai pris beaucoup de plaisir à en découvrir autant au sujet de la mentalité iranienne, et je serais vraiment intéressé de savoir combien d’Iraniens l’ont lu et ce qu’ils en pensent.

 

Carnets d’Iran est à lire pour comprendre l’Iran moderne, de ses habitants et du système théocratique qui les oppresse.