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Carnets d'Iran - Auteur

Je m’appelle Albertine Ahmadi. Je suis née et j’ai grandi dans une province iranienne, d’un père iranien et d’une mère européenne. Je vis en Europe depuis les années 1970 et j’ai construit ma vie en Occident sans avoir jamais oublié mes origines et mon pays (où mon père est enterré), ni les gens qui y vivent. Je me considère comme une citoyenne iranienne.

J’étudiais en Europe au moment de la Révolution de 1979 et je parle à présent trois langues, avec des diplômes en économie, histoire et science politique. En tant que réfugiée expatriée pendant plus de 35 ans, je comprends mieux que quiconque la chance que j’ai eue de pouvoir étudier, voyager et travailler aussi bien dans le secteur public que privé, tandis que nombre de mes compatriotes femmes sont encore traitées comme des citoyens de seconde catégorie.

J’ai eu le privilège de vivre et travailler dans six pays, mais j’ai gardé une forte conscience sociale et j’essaye toujours d’aider autrui. Je suis venue en aide à de nombreux réfugiés et personnes victimes des périodes de crises et j’ai partagé leur pain et leur sel (un geste traditionnel de soutien et de solidarité).

Je suis une Iranienne occidentalisée libérale, mais je ferais n’importe quoi pour mon pays et mes compatriotes. Je suis fière de mon héritage et de mon éducation iranienne, qui m’ont donné une intégrité inébranlable et l’assurance de toujours traiter autrui avec respect. Comme de nombreux Iraniens occidentalisés, j’ai également appris des valeurs de la culture occidentale. Cette expérience d’apprentissage privilégiée m’a dotée d’une bonne compréhension des forces et faiblesses des deux cultures.

Carnets_Iran_FRJ’ai été incitée à écrire les Carnets d’Iran parce que, depuis les années 1970 jusqu’à ce jour, j’ai été le témoin de la corruption, de l’oppression religieuse, de la persécution ethnique, du népotisme politique et des élections truquées, de la disparité entre hommes et femmes, ainsi que de la propagande et du lavage de cerveau qui sont de rigueur dans mon pays. Contrairement à son système politique opaque, on peut s’apercevoir de façon claire que la plupart des Iraniens souffrent. Je suis le témoin de ceci avec les gens de ma propre province, qui méprisent le régime tyrannique mais vivent dans un climat de crainte et d’oppression où s’exprimer peut entraîner des représailles impitoyables.

Je n’aime pas les pays qui maquillent les intentions cachées de leur politique étrangère et je déteste les régimes corrompus, en particulier ceux qui utilisent la barbarie contre des personnes innocentes, au nom de la religion. Je reconnais les défauts du monde occidental, y compris les excès du capitalisme et les personnes ne vivant que pour la recherche incessante du profit, mais j’ai au moins la possibilité de contester cela par mon bulletin de vote ; quelque chose d’impossible en Iran, sous la tyrannie du Vali-e Faqih.

Il est évident que la Révolution Islamique en Iran est terminée et que ce qu’il reste est un cauchemar social, économique, environnemental et politique. Sous le joug permanent du despotisme théocratique, notre pays n’aura jamais aucun espoir de sécuriser le futur de ses jeunes générations. Cependant, j’ai la conviction que nous pouvons apprendre des autres cultures et travailler ensemble à donner naissance à la liberté d’expression et à la véritable démocratie. Afin que les personnes de différentes croyances et cultures puissent vivre en paix et travailler côte à côte à la construction d’un Iran plus juste.

Tassmeh_bas

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