Albertine Ahmadi

Albertine Ahmadi est mon pseudonyme afin de protéger mon identité et ceux qui aident à rédiger les articles du blog contre les préjudices des autocrates et des agences de renseignements de la République islamique d’Iran.

Je suis née et j’ai grandi dans une province iranienne, d’un père iranien et d’une mère européenne. Je vis en Europe dès les années 1970 et y ai construit ma vie.

Contrairement à la plupart des enfants nés de mariages mixtes qui en compagnie d’autres iraniens préfèrent garder leurs opinions sur l’Iran pour eux-mêmes, et tentent de se fondre dans l’ambiance en louant faussement tout ce qui est iranien/persan, je dis ce que je pense.
Parler librement ne m’a pas rendu populaire parmi de nombreux Iraniens qui préfèrent éviter les non-conformistes.

Engagement pour la laïcité et le pluralisme

Le pays de ma mère, une démocratie européenne, abritant de nombreuses religions et langues, m’a accepté sans condition parmi ses citoyens.

Dans le petit village européen où je vis, j’ai appris les bases de la souveraineté populaire et l’État du droit en discutant avec mes voisins, collègues et amis étrangers: respect, tolérance, empathie et dialogue.

Au début, il m’était difficile de reconnaître et d’admettre mes propres différences culturelles, préjugés et réactions impulsives.

La condition essentielle pour toute démocratie est dans la volonté des gens de l’avoir comme système politique et de lutter pour l’obtenir. Puis vient la tâche difficile de la protéger, une tâche quotidienne.

Dans un régime dictatorial, surtout religieux et dominé par le nationalisme « persan » démesuré, l’éducation n’enseigne que la propagande dogmatique, et engendre l’hypocrisie et le népotisme. Sa monomanie idéologique induit la persécution et l’oppression.

Il n’y a pas et il n’y aura jamais de système de gouvernement parfait. Nous sommes humains et également nés pour être, plus tard dans la vie, corrompus ou honnêtes.

Le dogmatisme et le sectarisme, l’enseignement de base de certaines orthodoxies, religieuses ou autres, commandent l’intolérance.

La hiérarchie chiite, du guide suprême au mollah novice, a fait de la combinaison de la politique et de la religion, l’Islam Politique, un produit de lavage des cerveaux.

Et nous laissons faire.

Carnets d'Iran

J’ai été incitée à écrire Carnets d’Iran parce que, depuis les années 1970 jusqu’à ce jour, j’ai été le témoin de la corruption, de l’oppression religieuse, de la persécution ethnique, du népotisme politique et des élections truquées, de la disparité entre hommes et femmes, ainsi que de la propagande et du lavage de cerveau qui sont de rigueur dans mon pays.

Carnets d'Iran, Albertine Ahmadi

J’en ai été témoin parmi les gens de ma propre province, qui méprisent le régime tyrannique, mais ont appris à y s’accorder par réflexe de survie.

Je suis une iranienne occidentalisée et libérale. Je me suis imprégnée des valeurs de la culture occidentale et j’ai l’intention de m’en servir dans le contexte iranien. Les expériences d’apprentissage privilégié m’ont dotée d’une bonne compréhension des forces et faiblesses des deux cultures. Le tout est exprimé sur ce site. La responsabilité des publications n’est que la mienne.

Je reconnais les défauts du monde occidental, y compris les excès du capitalisme et les personnes ne vivant que pour la recherche incessante du profit, mais j’ai au moins la possibilité de contester cela par mon bulletin de vote, quelque chose d’impossible en Iran, sous la tyrannie du Valiy-e Faqih et des millions de figurants qui, silencieusement, approuvent ses actes.

Il est évident que la Révolution islamique en Iran est terminée et que ce qu’il reste est un cauchemar social, économique, environnemental et politique. Sous le despotisme théocratique persistant, notre pays ne peut jamais espérer assurer l’avenir de ses jeunes générations, quelles que soient leur religion, leur appartenance ethnique et leur langue.

Cependant, je pense que nous pouvons apprendre d’autres cultures et travailler ensemble pour instaurer la liberté d’expression et une certaine démocratie. Ensuite, des gens de toutes confessions et cultures peuvent vivre en paix et travailler côte à côte pour construire un meilleur Iran.

C’est de l’utopie, mais ça vaut le coup d’essayer.

Collectivement, en tant qu’Iraniens, nous avons un long chemin à parcourir avant d’assimiler la liberté d’expression et d’être prêts à accepter et à discuter des responsabilités impliquées.

La conscience collective de la démocratie doit encore naître en Iran, protégée et le despotisme combattue jusqu’à ce qu’elle atteigne un point où elle peut survivre par son propre dynamisme. Ce n’est pas un processus du jour au lendemain obtenu par des déclarations pompeuses individuelles, du paternalisme d’un autre âge, pire encore, quelque chose qui peut être acheté et importé.

Cela commence par des débats pacifiques et égalitaires. Cela commence également par la capacité d’écouter et d’entendre les autres.

Si nous en avons l’étoffe.